Les études représentent souvent un période houleuse pour les jeunes: ils sont en pleine adolescence, quittent le domicile familial pour un «kot», doivent apprendre à voler de leurs propres ailes, sont confrontés à un autre mode d’enseignement, d’étude et d’examens, ainsi qu’au stress de la compétition… Par conséquent, il n’est pas vraiment surprenant que cette période coïncide avec l’usage de drogues. La consommation de bière est la plus visible, que ce soit lors des baptêmes, cantus et soirées, avec des amis du kot ou dans le cadre de toutes sortes d’activités organisées par les cercles d’étudiants. Ce n’est pas pour rien qu’on a imaginé les dégustations gratuites, happy hours et autres…
L’usage croissant de la cigarette électronique chez les jeunes inquiète en raison du risque d’addiction à la nicotine. La nicotine agirait comme une «drogue passerelle»...
Une meilleure connaissance de la neurobiologie de la dépendance conduit au développement de nouvelles méthodes thérapeutiques.
Toutes les drogues, y compris la nicotine, provoquent une libération de dopamine dans notre système de récompense. Elles reproduisent ainsi l’effet de récompense ressenti après la consommation de nourriture ou de boissons, ou après avoir fait l’amour.
La dépendance étant liée à une diminution du nombre de récepteurs dopaminergiques D2 dans le système de récompense, une piste de traitement potentielle consiste à induire une augmentation du nombre de ces récepteurs dans le cerveau. Des études ont été réalisées à cet effet, notamment en utilisant le système nicotinique cérébral.
Deux systèmes cérébraux sont essentiels dans la neurobiologie de la dépendance. Le premier est celui des ganglions de la base (également appelés noyaux gris centraux), situés au centre du cerveau. Le second, le cortex préfrontal, est le mieux développé, et est notamment responsable de la planification, des fonctions exécutives et du contrôle des impulsions.
Attention à ne pas assimiler la tanorexie à un trouble de conduite alimentaire, comme l’anorexie, l’anorexie mentale et l’orthorexie, consistant respectivement en la perte d’appétit, la restriction drastique de l’alimentation et l’obsession de l’alimentation saine. La bronzomanie ou tanorexie (‘tan’ pour écorce de chêne moulue servant au tannage des peaux, veut aussi dire bronzer en anglais ; ’-orexie’ pour ‘appétit’ dans le sens ici d’un attrait), c’est l’addiction au bronzage, ce qui entraîne généralement une peau très brune, voire cuivrée...
L’approche neuroscientifique du binge drinking (que l’on peut traduire par «beuverie express») a déjà fourni des prises de conscience capitales au sujet des dommages cérébraux structurels et fonctionnels associés à cette pratique. L’auteur souligne l’utilité des techniques de neuro-imagerie et de neurophysiologie pour évaluer correctement les altérations – parfois subtiles – associées à ce type spécifique d’abus d’alcool, apparemment particulièrement délétère pour le fonctionnement cérébral. Toutefois, les recherches sur le binge drinking chez les jeunes n’en sont encore qu’à leurs balbutiements, et de nombreuses questions restent peu ou pas résolues. Un point important consiste à savoir si les altérations cérébrales observées chez les binge drinkers sont le résultat de l’abus d’alcool ou si ces modifications peuvent être préexistantes. Published ahead of print.
Si l’usage du sulfate de morphine hors du cadre thérapeutique n’est pas un phénomène nouveau, c’est seulement depuis 2011 que l’on observe un accroissement de la demande. Tel est le constat dressé par Agnès Cadet-Taïrou et Michel Gandilhon, de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT).
Fumer de la marijuana est une cause incontestable de BPCO et d’inflammation des voies aériennes, du moins lorsque la consommation est élevée et chronique. Elle semble également être un facteur de risque de cancer du poumon, surtout lorsque l’habitude est prise dès le jeune âge, comme en témoigne une équipe de l’université de l’Arkansas après un parcours exhaustif de la littérature... Published ahead of print.
En ce qui concerne la stratégie de sevrage tabagique à adopter chez les patients psychiatriques, les études donnent des résultats souvent très divergents. L’utilisation d’aides pharmacologiques n’induit manifestement pas d’augmentation du risque chez les patients psychiatriques. C’est déjà rassurant...
La littérature mentionne une prévalence élevée de tabagisme chez les patients psychiatriques. Il vaut donc certainement la peine d’examiner les différences entre fumeurs et non-fumeurs dans la population psychiatrique. Et de s’interroger sur un éventuel lien de cause à effet: la cigarette provoque-t-elle des troubles psychiatriques?
Parfois, les médecins craignent que le sevrage tabagique d’un patient dont l’affection psychiatrique est stabilisée vienne perturber l’équilibre retrouvé. Mais cette crainte est-elle étayée par les données de la littérature?
Les données disponibles sur le tabagisme chez les patients psychiatriques révèlent que ces sujets présentent une forme grave de dépendance au tabac. La question qui se pose dès lors est de savoir si les patients psychiatriques sont réellement prêts à arrêter de fumer. Le professeur Hedwig Boudrez (psychologue-tabacologue, UZ Gent) a répondu à la question, sur base des données de la littérature, à l’occasion des Journées de la tabacologie (Anvers, 30 septembre-1er octobre 2013).
Les symptômes associés à la classique «gueule de bois» (alcohol hangover) ‒ sensations de malaise, fatigue, problèmes gastro-intestinaux, nausées, sensation de bouche sèche ‒ sont connus de tous. Mais la gueule de bois c’est un peu plus et autre chose qu’un «lendemain de veille» comme l’ont rappelé plusieurs experts présents au congrès 2013 de l’European Society for Biomedical Research on Alcoholism.
Reconnaître la dépendance à l’alcool (aussi) comme un trouble cérébral aide le clinicien et le patient car cette reconnaissance reflète la chronicité de la maladie, diminue le sentiment de culpabilité associé, explique pourquoi la demande de soins est limitée et offre une approche nouvelle et donc des possibilités thérapeutiques nouvelles.
Selon une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’UCL et de l’ULB, le ‘binge drinking’, pratique de consommation d’alcool consistant en l’absorption d’une quantité maximale en un temps très court, est néfaste pour le cerveau. Non seulement à cause de la quantité globale d’alcool ingéré, bien sûr, mais aussi et surtout à cause du mode de consommation spécifique de cette pratique qui connaît un vif succès parmi les étudiants, puisqu’au moins un étudiant sur trois en serait un adepte lors de sorties répétées entre jeunes.
Une étude finlandaise récente a mis en évidence que l’utilisation chronique de benzodiazépines (particulièrement comme somnifères) chez les patients schizophrènes s’accompagne d’une augmentation de risque de décès, alors que le traitement par un antidépresseur avec un ou plusieurs antipsychotiques ne démontre pas de conséquences sur la mortalité, entre autres par suicide.
Neurone Vol. 30 N° 1
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