From fundamental research to daily practice
L’arsenal thérapeutique de la sclérose en plaques rémittente-récurrente s’étoffe considérablement et nous en apprenons toujours plus à propos des thérapies existantes. Le natalizumab (Tysabri®) s’inscrit dans cette dynamique. Les données actuelles illustrent sa valeur ajoutée dans les formes plus actives de la maladie et l’intérêt d’y recourir sans tarder lorsque la situation le nécessite...
Le paysage de la SEP a profondément évolué depuis 1994 et l’apparition des interférons. Ensuite, plutôt que de ‘limiter les dégâts’, l’objectif des nouveaux traitements a été d’augmenter l’efficacité, d’améliorer la sécurité et de promouvoir la sélectivité avec pour objectif majeur le maintien d’un NEDA (No Evidence of Disease Activity), un objectif que la cladribine atteint dans 47% des cas à 2 ans. Il est aussi un traitement à administration non continue et est le premier des SIRT (Selective Immune Reconstitution Therapy). Implications.
Évoquant le cas d’un patient qui présentait une SEP rémittente/récurrente très inflammatoire – en tandem parce que la prise en charge d’une SEP est avant tout un travail d’équipe –, les Drs Annick Mélin et Céline Daoût (CHC Liège) rappellent que malgré sa puissance, l’alemtuzumab (Lemtrada®) peut aussi être utilisé en traitement de première ligne.
Une étude pilote suggère que la stimulation cérébrale profonde (DBS, deep brain stimulation) à double canal est efficace et sûre en cas de tremblement lié à la sclérose en plaques réfractaire au traitement médical.
L’alemtuzumab peut être utilisé en traitement de 1ère ligne en cas de sclérose en plaques très agressive et active. Son utilisation en 1ère ligne a été testée dans CARE-MS 1, étude pilote de phase III versus interféron-bêta (3 injections SC/semaine). Voici un exemple de son efficacité à travers un cas présenté par le Pr Christian Sindic (UCL).
Le Dr Gino De la Meilleure (AZ Nikolaas, Sint-Niklaas et AZ Lokeren, Lokeren) nous relate ici le cas d’une femme souffrant de sclérose en plaques rémittente, chez qui un traitement par alemtuzumab (Lemtrada®) est devenu nécessaire moins de 3 ans après le diagnostic.
C’est à travers l’évolution de la patiente décrite ci-dessous, une infirmière en désir de grossesse, que le Dr Rosy N’Gbo N’Gbo Ikazabo (Centre MS, CHWAPI, Tournai) attire l’attention sur le bénéfice en qualité de vie des patients traités par alemtuzumab (Lemtrada®, Genzyme). Explications. Published ahead of print.
La sclérose en plaques (SEP) est une affection inflammatoire chronique du système nerveux central, caractérisée par une démyélinisation, une dégénérescence axonale et une gliose. La forme progressive de la SEP est un important thème de recherche vu le peu d’informations disponibles sur les mécanismes pathologiques sous-jacents. En outre, il n’existe aucun traitement spécifiquement approuvé pour la forme progressive. Bien qu’il soit traditionnellement admis que la SEP progressive s’associe à une neurodégénérescence, on dispose de plus en plus de preuves qu’une inflammation locale du système nerveux central constitue l'un des processus causaux. Dans cet article, nous décrivons le rôle des lymphocytes B et des anticorps dans le processus pathologique de la SEP, en accordant une attention particulière à la forme progressive de la maladie. Published ahead of print.
Le natalizumab est le premier traitement de deuxième ligne qui ait été disponible en Belgique. TOP, une étude observationnelle internationale, a confirmé au quotidien et sur le long terme l’efficacité que cette molécule avait démontrée dans les études cliniques sur du plus court terme. «Cette efficacité se mesure à la fois par la réduction du nombre de poussées et par la stabilisation du handicap», souligne le Pr Vincent van Pesch (UCL). Published ahead of print.
[Neurologue, Centre national de la SEP, Melsbroek; Consultante en Neurologie, UZ Brussel, et professeur à temps partiel à la VUB] La SEP est une affection multifactorielle dont l’hétérogénéité est impressionnante. Le rôle de l’inflammation et de la neurodégénérescence varie en fonction du temps ainsi que d’un individu à l’autre. L’évolution de la maladie est imprévisible. Toutefois, l’évolution capricieuse de la SEP offre également des possibilités en termes de prise en charge proactive, indépendamment des traitements médicamenteux spécifiques de la maladie. Des éléments issus d’études observationnelles et interventionnelles indiquent que cette approche peut avoir un effet sur l’évolution de la maladie... Published ahead of print.
La sclérose en plaques (SEP) est une maladie auto-immune et inflammatoire du système nerveux central (SNC). Elle entraîne démyélinisation, perte axonale et neurodégénérescence pouvant mener à un handicap neurologique progressif. Sans traitement, le risque de développer un tel handicap 15 à 20 ans après le début de la maladie est estimé aux environs de 50% (1). Dans une série de brèves, nous allons brosser le tableau des différentes molécules disponibles pour le traitement de fond de la sclérose en plaques, mais développer surtout les nouvelles molécules en cours d’étude. En effet, les années à venir apporteront une explosion de l’offre thérapeutique dans le domaine du traitement de la SEP. Nous allons bientôt disposer de différentes immunothérapies à haute activité très séduisantes du point de vue de l’efficacité et du confort d’utilisation. Les risques à moyen et long termes devront en être précisés par un suivi systématique, scrupuleux et au long cours des patients.
Le daclizumab (DAC) est un anticorps monoclonal humanisé de type IgG1 dirigé contre la sous-unité alpha du récepteur à l’interleukine-2.
Le fingolimod est un candidat très intéressant pour le traitement de la forme primaire progressive de la maladie. L’étude INFORMS pourrait bien prochainement le confirmer.
Le firategrast n’est pas un anticorps monoclonal, mais se comporte comme un antagoniste α4βintégrine.
Le laquinimod est un dérivé du linomide, qui a été étudié il y a quelques années comme traitement potentiel de la SEP...
Le natalizumab est un anticorps monoclonal dirigé contre l’α4β1 intégrine, molécule d’adhésion exprimée à la surface des lymphocytes activés...
L’alemtuzumab est un anticorps monoclonal qui cible le CD52, une molécule de surface exprimée principalement par les lymphocytes T et B: il s’agit donc d’un très puissant dépléteur lymphocytaire.
Sanofi Aventis et sa filiale Genzyme ont présenté dans le cadre du 64e Congrès annuel de l’American Academy of Neurology des données complémentaires de l’étude de phase III CARE-MS ll.
Les scientifiques ont trouvé 29 nouveaux facteurs de risque héréditaires pour la sclérose en plaques. Cette découverte constitue un apport crucial dans la compréhension de la biologie de cette affection extrêmement importante. Nombre des facteurs de risque identifiés dans cette étude jouent un rôle dans le système immunitaire et permettent une meilleure compréhension des mécanismes immunologiques à la base de cette pathologie.
Le teriflunomide réduit l’activité d’une enzyme mitochondriale cruciale pour la synthèse des pyrimidines dont dépend en grande partie la prolifération des lymphocytes T.
A ne pas confondre avec le natalizumab (dirigé contre une protéine de surface du lymphocyte pour en limiter l’adhésion et la migration trans-endothéliale), l’alemtuzumab (AZM), anticorps monoclonal connu depuis 1994 – mais limité dans son développement par des effets secondaires auto-immuns – agit sur les cellules CD52, entraînant une déplétion puis une repopulation des lymphocytes T et B.
Le BG-12, molécule à prise orale, active le facteur de transcription nucléaire NRF2.
Les traitements de première ligne ont une belle efficacité. A condition d’être proposés tôt. Mais lorsque le patient est en progression, il faut augmenter l’agressivité thérapeutique et prescrire le traitement de deuxième ligne avant que le patient ne quitte la fenêtre thérapeutique qui permet de retarder l’évolution péjorative de la maladie...
Des chercheurs français du Centre de résonance magnétique biologique et médicale au CNRS/Aix-Marseille ont mis en évidence, en collaboration avec le CHU de La Timone à Marseille et une équipe allemande (Mannheim), une accumulation anormale de sodium dans le cerveau de patients atteints de sclérose en plaques pouvant refléter la dégénérescence des cellules nerveuses.
Les années à venir apporteront une explosion de l’offre thérapeutique dans le domaine du traitement de la SEP. Nous allons bientôt disposer de différentes immunothérapies à haute activité très séduisantes du point de vue de l’efficacité et du confort d’utilisation. Les risques à moyen et long termes devront en être précisés par un suivi systématique, scrupuleux et au long cours des patients.
Neurone Vol. 30 N° 1
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